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Samedi 21 avril 2007

(Voilà un putain de titre qu'il est vachement évocateur du sujet dont au sujet duquel je vais déblatérer ma prose verbeuse dans les prochaines lignes. )

Enfin, soit.

Il se trouve que c'est maintenant.  Enfin, pas maintenant ou vous lisez, mais au moment où j'écris, quoi.

Enfin, soit.

Ne bigornons pas sur les moineaux, comme dirait pas l'autre. 

Enfin, soit.

(Ca va, vous suivez toujours, là? )
Bref.  Vous me manquiez, voilà.  Et j'vous interdis de rigoler, non de tcheu.  Z'allez bien?  Ici tout marche au poil, et je suis actuellement dans la recherche.  Euh, dans la recherche d'emploi, je veux dire.  Sinon, en fait, je fais artiste maudit.  Je me suis dit que ça irait bien avec la chemise noire.  M'arrive même de jouer en public, c'est tout dire.  Un jour je vous parlerai des difficultés que pose pour le gratteur moyen bourré de jouer sur un manche et demi, même sous les spots. (Auquel cas on est plus un gratteur moyen mais un guitariste éclairé.  )  Mais pas aujourd'hui.  Après la prochaine fois que ça arrivera.  Néanmoins j'ai compris le truc : Je m'entraine bourré, pour m'habituer.  Voilà donc, j'avais envie de revenir pi ben me v'la.  Et j'ai décidé de pas me fixer sur un sujet et continuer à partir dans tous les sens, pour changer.  Hop, bonjour chez vous, Cognacq-Jay, tout ça. ;)

Par Odin - Publié dans : [Niouzes]
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Vendredi 20 avril 2007

Plouc-Lez-Endives, 20 avril 2004.
Sgt-Chef Patrick Montmouton.

Suite aux fouilles effectuées sur le blog sis à l'adresse "odin.over-blog.com" (référencé ci-après comme : "Le lieu du crime"), nos services ont découvert ceci, dans un désordre imputable au propriétaire (référencé ci-après comme : "Le suspect") :

- 6 mois de glande acharnée;
- 2 guitares (une  électrique + une électro-acoustique);
- 2 jours de travail intérimaire chez mobistar, avec une note de bas de page, je cite : " Je suis programmeur, pas encodeur, à bientôt.";
- Divers paquets de sandwiches dans la poubelle, le présumé coupable semblait aimer le thon andalouse (beurk);
- Une lettre d'amour, semble-t-il destinée à "Celle qui a eu la chance de ne pas me connaître", on a appelé la file de la roue de la fortune pour identifier les mots;
- Une nouvelle année finie au radar et à la liqueur de myr.. mirty... fruits rouges;
- Des préservatifs neufs (Il semble y en avoir un peu trop, assignez Bernadette au comptage avec moi, svp);
- Une espèce de matière verte et friable qui semble induire un état second, sourire bête à l'appui;
- Un métronome;
- Un livre reprenant l'entièreté de la méthodologie à appliquer pour apprendre les gammes, reconstitué par nos services à partir de tous petits confettis.

Les chefs d'accusation à l'encontre du prévenu sont les suivants :

- Refus d'obtempérer à la loi du marché, aggravée d'unee augmentation du taux de chômage belge.
- Tentation et débauche de travailleurs.
- Cassage public de tympans le mardi soir : Les gens appplaudissent systématiquement pour couvrir le fracas de chacune de ses dernières notes. (Voir déposition du patron du café organisateur en annexe B1 (porte-avions touché) )
- Cassage privé de tympans quasi-permanent (a l'exception du mardi soir.)
- & Last but not least, Faux et usage de faux dans les chants.

Si vous possédez quelque information que ce soit permettant d'appréhender le suspect, de préférence dans les plus brefs délais, veuillez vous addresser au service de police ou de gendar le plus proche.

Rapport Affaire MW243-Odin / Zone sécurisée / Affaire classée jusqu'à plus ample informé.

Par Odin - Publié dans : [Niouzes]
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Samedi 11 novembre 2006

     VI.  Un appel étrange.

Dans le bureau de Julie, le téléphone sonna et soudain elle comprit ce qui la tracassait : Ce coup de fil que lui avait  signalé sa secrétaire.  La main tremblante elle décrocha, lançant un "Allo" peu rassuré.

- Julie Kramer?
- Oui.
La voix de sa sécrétaire, simplement.
- Ne quittez pas, s'il vous plait, j'ai quelqu'un en ligne pour vous. 

Une voix masculine, légèrement éraillée.
- Ecoutez-moi, c'est très important.  Faites le vide dans votre esprit et écoutez.
Julie se concentra.
- Voilà, nous avons besoin de vous.  Nous cherchons une biochimiste compétente pour des  recherches, disons… Particulières.  Si vous êtes intéressée par rendre des services dans une  nouvelle branche, rejoignez-moi face à la statue devant le complexe, dans un quart d'heure.
- Ecoutez, je...
La communication était coupée.  Julie prit le risque de réfléchir aux paroles de son  interlocuteur, mais un petit élancement dans le crâne la ramena à la raison.  Sans plus oser  penser à rien, la tête vide, elle replongea dans l'étude de ses bactéries.

     VII. Une rencontre inattendue

 Un quart d'heure plus tard, elle sortit du complexe, non sans avoir adressé un petit  salut à la réceptionniste et se dirigea vers la statue, laquelle représentait un oeil sous forme  stylisée, symbole de l'ordinateur central ayant en charge la distribution des unités de plaisir  sur base des statistiques de services rendus.  Il y avait bien un homme derrière la statue,  lequel mit son doigt perpendiculairement à ses lèvres, lui intimant de faire le vide cérébral.   Intriguée, Julie prit le parti d'obéir et suivit l'homme qui la mena jusqu'à son aérocar.  Il  s'effaça devant elle, l'invitant en souriant à entrer par la portière arrière ouverte.  L'homme  entra à sa suite et referma soigneusement sa portière en poussant un petit soupir de soulagement.

- "N'ayez crainte, vous pouvez penser et parler librement.  Cet aérocar est isolée  électriquement.  Vous connaissez le principe des cages de Faraday, bien sûr?"

 Julie acquiesça.  Les cages de Faraday étaient utilisées dans les expériences sur  l'électromagnétisme, afin d'empêcher que les champs extérieurs ne perturbent les expériences.   Précisément pour cette raison, les contrôleurs des ordinateurs perdaient le biosignal des êtres  qui s'y trouvaient.  Le plastoderme de Julie pâlit.  L'homme comprit immédiatement quelle en  était la raison et s'empressa de la rassurer.

- "Aucun problème, mademoiselle Kramer, nous avons découvert que les surveillances de nos  biosignaux n'étaient pas continues mais ponctuelles, probablement pour des raisons de puissance  de calcul."
- "Mais qu'est- ce que je fais là? Et qui êtes-vous?"
- "Je ne me suis pas présenté, pardonnez-moi. Vous pouvez m'appeler... John? Ce nom ira aussi bien  qu'un autre."

     VIII.  Explications et conséquences

 Exception faite de son identité, "John" semblait décidé à jouer cartes sur tables.
- Ecoutez, Julie.  Voici qui devrait répondre à quelques unes des questions que vous devez vous  poser : Tout d'abord, je fais partie d'une organisation, plus ou moins secrète.  Voilà ce que  nous savons sur vous : Depuis votre crétaion, vous avez passé vos visites à la bibliothèque  centrale publique à vous instruire sur les liens biologiques et électriques qui relient nos corps  en plastoderme à notre cerveau, notre partie, dirons-nous, naturelle.

 Julie était interloquée qu'on puisse ne pas considérer comme naturelles leurs corps de  plastoderme synthétique, après tout, n'étaient-ils pas tous contitués de la même manière?

- "Vous n'êtes pas sans savoir que notre cerveau ne réagit qu'aux ondes émises précisément sur la  fréquence qui lui est propre, laquelle varie selon chaque individu, ce qui permet de stimuler  telle ou telle zone, provoquant par exemple la douleur ou le plaisir.  Mais avez-vous remarqué  que vous n'étiez pas capable de générer ces ondes par vous même?"
- "Bien sûr, voyons.  C'est la base de tout.  Plaisir contre service rendu.  Que cherchez vous à  dire?"
- "Laissez-moi vous expliquer.  Lors de ma période de formation à la sortie du montage, mes  visites personnelles à la bibliothèque publique centrale n'étaient pas comme vous consacrées à la  biochimie, mais plutôt à l'études des rares livres qui subsistent toujours de l'ancienne ère."

 Cette plaisanterie aurait été propre à faire circuler une onde de rire dans le système  nerveux de Julie, cependant, coupée de l'ordinateur par l'isolation magnétique, elle se contenta  de hausser un sourcil.

- "Et?"
- "Et si ce que j'ai lu dans ces livres est vrai, au moins en partie, cela ne s'est pas toujours  passé comme ça.  Autrefois, nous étions capables de générer nous-mêmes ces ondes de plaisir.  Les   biochimistes de l'époque, qu'on appelait alors paraît-il des biologistes, avaient découvert que  les cerveaux humains de cette époque généraient une substance qu'ils avaient baptisées  "endorphines", lesquelles étaient la source de plaisir interne, fabriquée par l'individu  lui-même. "

 Julie mit une bonne minute avant de digérer l'énormité de ce concept et ses implications  sur le plan humain.  Elle hésitait entre deux éventualités : Soit l'homme qu'elle avait devant  elle était complètement fou, soit il était un génie qui détenait une connaissance explosive, à  même de faire trembler la société sur ses bases.  Les deux hypothèses avaient leurs  inconvénients.  Selon la première elle était en grand danger, et selon la seconde, c'était  l'humanité entière qui était menacée.  Elle découvrit d'ailleurs qu'elle s'en moquait royalement,  l'information n'étant pas parvenue à l'ordinateur, elle ne pouvait rien éprouver.  C'est sans  doute pour cela qu'elle décida finalement d'entrer dans le jeu de son interlocuteur.

- "Vous rendez-vous compte de que vous énoncez là?  Il y a quelque chose qui cloche dans votre  théorie : Si l'Homme était capable d'auto-générer ses sensations, pourquoi aurait-il rendu service  à la société?"

- "D'après mes lectures, le système de l'époque était basé sur des obligations.  Les humains ne  rendaient pas service à la société, cette notion était inconnue.  Il y avait à la place un autre  concept, appelé "Travail".  Les humains étaient tenus de travailler.  Ce point n'est pas très  clair, parce qu'il semblerait qu'à l'époque certains ne 'travaillaient' pas, et la plupart s'en  plaignaient.  C'est apparemment une ressource qui n'était disponible qu'en quantité limitée."

- "Et le plaisir dans tout cela?  Quel rapport avec ces notions d'obligations?"

- "Hum.  Il semblerait que grâce au travail, les humains recevaient des bouts de papier leur  permettant de se procurer divers biens et services... Mais ce n'est pas très clair non plus..."

- "Se procurer?  Comment ça?  Ils devaient donner quelque chose pour avoir ce dont ils avaient  besoin?  Mais c'est… »

Elle réfréna l'envie de prononcer le mot qui lui brûlait les lèvres : Inhumain.  Elle ne voulait  pas passer pour une folle.

- "C'est incroyable, oui!", coupa John.

- "Et moi dans tout cela?  Pourquoi avez vous besoin de moi?"

- "Nous projetons un ensemble d'opérations sur nous-même visant à rétablir nos circulations  électriques internes... C'est la que vos talents entrent en jeu.  Nous avons besoin de quelqu'un  en connaissant suffisamment sur la biologie et la configuration du cerveau actuel, afin de  pouvoir raccorder le cerveau par des jeux de câbles électriques que nous intègrerons sous notre  plastoderme."

 L'immensité du projet laissa Julie bouche bée.  Son cerveau fonctionnait à plein régime  pour tenter de donner un sens à ce qu'elle venait d'entendre.

- "Vous voulez dire... Ressentir?  Sans les signaux du central?"

John simula un sourire.

- "Exactement. Alors, vous en êtes?"

- "C'est illégal."

- "Non, pas vraiment.  Nous pourrons même oeuvrer au grand jour.  Voici ce que vous allez faire : Vous allez signaler que vous orientez de nouvelles recherches sur l'électromagnétisme, l'un des  nôtres viendra vous prêter main forte.  Cela vous permettra de construire dans votre laboratoire  une cage de Faraday, en toute impunité.  Nous ferons nos recherches à l'intérieur, pour ne pas  être surpris."

John consulta sa montre.

- "Vous feriez mieux d'y aller, si vous souhaitez gagner vos unités.  Nous allons changer le  monde."

     IX.  Anatomie, câblage et pornographie

 Deux mois plus tard, les prétendues recherches sur l'électromagnétisme allaient bon  train.  Des livres poussiéreux retrouvés dans une partie non fréquentée de la bibliothèque  publique centrale montraient comment étaient câblés les humains du temps ou ils étaient de chair  et de sang. D'autres, probablement à intérêt documentaire, montraient des humains et des humaines  se livrant à des actes qu'ils n'auraient jamais imaginé : Sur l'une des images, notamment, un  homme semblait faire entrer son organe d'évacuation dans celui d'une humaine, laquelle semblait  apprécier l'exercice.  Julie et ses nouveaux acolytes se passionnaient pour ces recherches, à tel  point que, partageant leurs connaissances, il leur suffit de quelques jours de "travail"  supplémentaire  afin de réaliser une innervation complète, pour laquelle John s'était porté  volontaire, en tant qu'initiateur du projet.  Il resta quelques heures dans la cage de Faraday,  émerveillé par le contact de ses doigts sur sa propre peau.  Il avait du mal à réaliser que tout  cela provenait de lui.  Julie s'approcha de lui afin de procéder à une expérience.  Lorsqu'elle  lui prit le bras, le plastoderme de John fut comme électrisé, et il se mit à sourire béatement,  comme si l'ordinateur lui avait envoyé plusieurs de ses unités de plaisir simultanément.  La  suivante à subir l'opération fut bien entendu Julie.  A son réveil, elle se sentait étrange,  comme inhumaine.  Elle fut troublée lorsque John lui prit la main.  Elle sentit le besoin de  fermer les yeux lorsqu'il passa sa main sur son visage.  Un sentiment étrange les envahit tous  deux lorsqu'ils se mirent à reproduire ce qu'ils avaient vu dans les livres.

 Ce jour-là, pour la première fois depuis des siècles, deux humains s'unirent.  Au bout de  quelques minutes, ils eurent tous deux l'impression que leur cerveau allait éclater.  Leurs  cerveaux s'étaient remis à fabriquer des endorphines.

 Julie poussa un long râle de plaisir.  Le monde allait changer.

     DEBUT.

 

Note de l'auteur : Vous aurez constaté que j'ai finalement pris quelques libertés avec la  réalité : Bien évidemment, quand bien même nos légendes urbaines seraient fondées, il n'existe  pas la moindre chance qu'il en subsiste des traces écrites à la bibliothèque publique centrale;  pas plus d'ailleurs que la possibilité de s'octroyer du plaisir sans le central. De plus, la copulation comme décrite par nos illuminés, doit sans doute provoquer surtout énormément de douleur.  Mais ce n'est  qu'une histoire.  Bon, je vais aller signaler que mon service journalier est terminé.   Je pense que si l'histoire plaît, on pourrait augmenter mon quota de plaisir.

Par Odin - Publié dans : [Moi, l'obsédé textuel]
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Samedi 4 novembre 2006

     I. Introduction

Il sera une fois... Un jour ou je suis né.  Navré, mais mes préfaces commencent toujours comme  cela, ça doit être génétique.  Ecrivain de classe IV, tu parles.  Probablement un défaut  d'interconnexion quelque part dans mes synapses.  Mais laissez-moi vous conter nos légendes, vous  comprendrez mieux. Tout a commencé il y a si longtemps.  Il paraîtrait qu'avant -comme ce mot  semble étrange à évoquer-, la société était totalement différente de ce qu'on connaît de nos  jours. 

 Tout d'abord, le travail, fonction essentielle de la société, était récompensé par des bouts de papiers aux couleurs vives et de petites soucoupes de métal gravées aux emblèmes du  pays.  Cette idée (si cela a jamais existé, bien sûr) paraît tellement ridicule!  Comment les  gens auraient-ils pu puiser dans des bouts de papier la motivation nécessaire pour effectuer leur  quota journalier de services rendus sans devenir fous?

 Je sais ce que vous ressentez, j'ai moi-même l'impression de vous raconter des  absurdités, mais vous le savez, les légendes urbaines ont la vie dure.  J'ai également entendu dire (même si j'ai moi-même du mal à y croire) qu'à une certaine époque, il y a bien longtemps,  les gens n'étaient pas montés, mais... se reproduisaient.  Oui, vous avez bien lu.  Comme les  animaux.  Je n'ose même pas imaginer à quoi devait ressembler une copulation humaine.  De plus  cela devait être douloureux.  Certaines personnes ont vraiment une imagination débordante.  Si  certains d'entre eux utilisaient la moitié de l'énergie qu'ils mettent à proférer de telles  âneries à les écrire, ils pourraient sans difficulté doubler leurs unités de plaisir  journalières, en tant qu’écrivains.  Mais bon, s'ils ont choisi de rester en marge du plaisir, ils doivent avoir leurs  raisons, même si je ne peux les comprendre.

 Tout le monde sait comment cela se passe aujourd'hui. Je ne vous ferai pas l'insulte de  vous rappeler la création de votre cerveau sur base de cellule souches et l'ensemble de son  parcours sur sa chaîne de montage -pardon, la vôtre, après tout-.  Si l'ancienne société telle  que nos légendes la décrivent a réellement existé, quel fantastique bond en avant, non?

 Enfin, soit.  Mon éditeur m'a réclamé une histoire, et voilà que je m'embrouille déjà  dans la préface.  On m'a toujours dit "Ecrivez sur ce que vous connaissez", comme un credo.   Pardonnez moi donc si mon histoire ne vous fait pas rêver, elle n'est qu'ancrée dans la réalité.   Permettez-moi tout de même de vous en souhaiter bonne lecture.

     II. Début de journée

 Julie s'étira voluptueusement dans son lit.  Il était l'heure de lever, et, ayant bien  rempli son quota de services la veille, l'ordinateur central lui envoyait ses unités de plaisir  stockées pour lui faciliter l'éveil, ce qui restait après tout la meilleure technique pour garder  une majorité productive.  Elle se dirigea sourire aux lèvres vers le placard de la cuisine, pour  prendre son concentré type trois, réservé à la caste scientifique.  Elle l'avala machinalement,  son contenu n'avait -bien évidemment- pas plus de goût que les autres concentrés, mais celui ci  était quelque peu plus riche en stimulants neuronaux.  Parfaitement réveillée, elle se dirigea  vers sa salle d'eau pour hydrater son plastoderme.  Elle se contempla dans le miroir sans  satisfaction particulière : Elle était belle et bien faite, mais ni plus ni moins que toutes les  autres femmes sorties des chaînes de montage.  Elle se demanda pour la première fois de sa vie ce  que ça lui ferait de croiser une femme qui ne lui ressemblerait pas en tout point.  Et pour la  première fois aussi, elle se demanda si après tout, elle était belle ou laide.  Etant toutes  identiques, qui pouvait le dire?  Une légère décharge la rappela à l'ordre.  L'ordinateur central  (ou les andros qui le dirigeaient) n'aimaient pas vraiment les questions existentielles dans la  caste scientifique.  Elles devaient rester l'apanage des philosophes, classe VI.  Elle finit  d'enfiler sa toge ample en nylon noir et sortit de son conapt.

     III. Premier contact

 A quelques rues de là, au beau milieu de la ville, dans la cave d'un bâtiment de l'ancien temps, une discussion animée se tenait.  La salle au plafond bas semblait étrange, des tiges de métal s'entrecroisant sous le plafond et le long des murs, comme une gigantesque cage à hamsters, la petite roue en moins.

- Vous ne vous rendez pas compte quels sont les enjeux?
- Mais John, c'est de la fo-lie!

 La voix détachait nettement les syllabes pour donner du poids à son argumentation, comme si cela pouvait encore changer quelque chose : La décision de John était prise, et ils le savaient fort bien tous les deux.  Son acolyte se résignait à ne protester que pour la forme.

- C'est de la folie, soit.  Mais cela peut marcher! Rendez-vous compte quelles sont les implications de ce projet! Si nous arrivons à le mener à bien, nous allopns changer la face du monde!  Alors, oui, il faudra bien évidemment prendre des risques, mais le jeu en vaut la chandelle, non?
- Allez-y si vous voulez, tant pis.  Mais rien ne nous garantit que mademoiselle Kramer sera la bonne personne.  Et si elle refuse, y avez vous pensé?
- Ne vous en faites pas.  Je lui ferai une offre qu'elle ne pourra pas refuser.

 Une main tremblante décrocha le téléphone.

     IV. Perturbations et services rendus.

 Franchissant souriante les portes de son complexe de laboratoires, Julie se fit  interpeller par la grande et belle réceptionniste (ni plus grande, ni plus belle, bien  évidemment), laquelle lui signala que quelqu'un avait souhaité la joindre, sans pour autant  laisser de message ou de numéro de rappel.  Julie tiqua quelque peu à cette information : Ce  n'était pas dans les habitudes du personnel scientifique.  Elle se rendit dans son laboratoire  sans perdre plus de temps, impatiente qu'elle était de fournir sa dose quotidienne de services.   Elle rendait service actuellement à l'élaboration d'un nouveau concentré, lequel était destiné  aux ouvriers (classe I).  Il s'agissait entre autres de renforcer la densité des molécules  stimulant les muscles, lesquels étaient bien plus demandés dans cette caste que chez les  scientifiques, pour des raisons évidentes.  La classe I était majoritairement celle qui  s'occupait dans la construction des nouveaux conapts, complexes d'appartements, et travaillaient  aussi sur les chaînes de productions d'humains, assemblant parfois des modèles dépassant leur  compréhension.  Bien sur, chaque ouvrier recevait ses unités de plaisir de manière automatique en  fonction de la difficulté du service qu'il rendait.  Il va sans dire que les ouvriers se  surpassaient afin d'être efficaces pour les tâches les plus pénibles ou les plus complexes.   Comme tout le monde.  Plongeant le regard dans son microscope, Julie se fit la réflexion que ces  pauvres ouvriers ne connaîtraient jamais les plafonds de volupté qu'elle atteignait parfois  lorsqu'elle avait réussi à mettre au point un nouvel élément chimique, comme ce concentré  amélioré sur lequel elle s'occupait a présent.  Elle resta l'oeil sur sa culture bactérienne  quelques minutes avant de se relever d'un air indécis.  Quelque chose n'allait pas.  Une idée la  perturbait, comme une mouche tenace qui s'approche sans cesse, vous tournant autour mais ne se  laissant pas attraper.

     V.  Déception et rappel.

 La main raccrocha le téléphone d'un geste rageur.

- Absente, déclara John à la pièce vide.  Absente.

 Il consulta sa montre d'un oeil.  Vingt-sept minutes qu'il était dans cette pièce.  Jouable, mais autant sortir par précaution.  Il sortit de la pièce en forme de cage à hamster et commencait à grimper l'escalier se trouvant derrière la porte lorsqu'un éclair de douleur retentit dans son crâne, accompagné d'une voix qu'il ne commençait à connaître que trop bien.  Monsieur Kent! La voix avait un ton légèrement ironique.  Nous avons effectué un contrôle routine il y a exactement... Douze minutes.  Nous n'avions pas votre signal.  Veuillez attendre ou vous êtes, une unité va venir vous chercher dans quelques minutes.

- Non, non, murmura-t-il dans ses dents. Ce n'est pas possible!

 Eclair de douleur.  Monsieur Kent, c'est le troisième contrôle ou votre biosignal est inaccessible ce mois.  Vous n'êtes pas sans ignorer qu'il s'agit de la limite autorisée.  Il prit soin de vider son crâne des pensées pouvant paraître négatives et monta l'escalier quatre à quatre.  Arrivé dans le hall, il fit un petit signe à l'attention de son comparse, lequel hocha lentement la tête. Ils avaient prévu que cette situation pouvait se présenter, n'importe quand.  Trois minutes plus tard, John et son comparse étaient dans leur voiture, devant l'immeuble... Biosignal perdu. 
 
 Lorsque l'unité spéciale de répression des fraudes arriva devant l'immeuble, ils durent bien constater.. Que rien n'était constatable.  Une pièce vide, une table posée sur un tapis représentant une molécule d'aluminium, et deux chaises en mauvais plastique, et c'était tout.   Aucun des membres de l'unité n'eut le réflexe de soulever le tapis.  La découverte de la trappe menant à la pièce sécurisée en dessous aurait probablement changé beaucoup de choses. 

- Ils sont rentrés.  Roule.

 Steve, le comparse (et chauffeur) de John, acquiesca et mit l'aérocar en branle.

Par Odin - Publié dans : [Moi, l'obsédé textuel]
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Mardi 31 octobre 2006

L'entièreté de la blogosphère se posant des questions sur la brusque disparition de l'auteur de ce blog (si, si, déconnez pas, ya eu au moins trois commentaires. ), je vais donc répondre à certaines des questions que vous, lecteurs, ne manquez cerrtainement pas de vous poser : Quelle est la différence entre l'abominable homme des neiges et l'abominable femme des neiges, les castors lapons sont ils oui ou non hermaphrodites, la durée d'hibernation d'une clé usb est elle inférieure ou supérieure à celle des ours blancs du désert de gobi, les merguez grillées prennent elle le gout des calamars lorsqu'on les cuisine à l'aneth, et qui est cette Anette, justement?

Tout cela, vous ne l'apprendrez pas en suivant cet article des plus passionnants (hum).

Voilà.

Par contre je peux vous expliquer ce que fait Odin : Odin glande.  Glande, voilà qui est fort intéressant.

Mais qu'est-ce, ou caisse?
(Je ne sais jamais l'orthographe exacte)

Une glande est un organe des animaux ou des plantes qui synthétise une substance qui sera sécrétée. La substance libérée peut avoir un rôle dans la communication intercellulaire, comme les hormones et sera alors émise dans la circulation sanguine (on parle de glande endocrine). Les glandes peuvent également produire des substances qui seront libérées dans des cavités corporelles, ou à l'extérieur.
(Source : fr.wikipedia.org)

Tiens donc.  Voilà qu'Odin synthétise des substances.  Quelque part, ce n'est pas tout a fait faux.  Odin boit du café ou des chopes et sécrète... Enfin, vous avez compris le principe.  En dehors de ça, il fait pas grand chose : Il partage sa vie entre farniente, jeux vidéos, séances d'enregistrement pour le plaisir, et un peu d'écriture aussi.  Rien que du très banakl, qui explique et pardonne le silence et le calme relatif de ces pages.... Et après tout, ça fait du bien non?

Par Odin - Publié dans : [Niouzes]
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