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Lundi 25 septembre 2006
L'être et le paraître : Sujet battu, rebattu, laissé pour mort, entré en catatonie et enterré vif qui ne cesse de sortir de son cerceuil pour revenir une fois de plus au centre du débat, faisant valoir ses beaux atours.

Etre ou ne parâitre, telle devrait être la question, pourrait-on paraphraser, entendant par la que les efforts du paraître nous privent d'un peu d'être. Ou peut-être tente t'on de paraitre être, pitoyable jeu de l'être qui ne sera jamais un jeu de mots mais un jeu de maux.  On en croise au moins quatorze à la douzaine, de ces personnes, qui ne peuvent concevoir de s'exposer au regard du monde extérieur qu'avec une bonne couche de masque à rat, de rouge à lèvres, de fond de teint, peut-être pour masquer leur fond éteint.  Fardées du front au menton, saupoudrées, colorées aux couleurs de la tendance actuelle, rien ne subsiste. Leur beauté naturelle n'existe pas, elle ne sont pas capables de l'assumer.   Pourtant rien n'a plus d'éclat qu'un visage nu, rien ne souligne mieux la beauté des traits que les petites imperfections.  Elles apportent au contraire une fraicheur bienvenue, un contraste appréciable qui revalorise et sublime les détails de la courbe d'une joue, d'un cil qui bat.  Les femmes sont belles mais devraient peut-être, plutôt que de paraitre, être un peu plus rebelles que ça. 

Peut-être devrions nous nous attacher à ce que nous sommes plutôt que ce à quoi on désire ressembler. Mais ce n'est qu'une idée, bien sûr...
[Je vais pas me faire que des copines sur ce coup-là]
Par Odin - Publié dans : [Réflexions saugrenues]
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Vendredi 22 septembre 2006
Je suis un texte.
Ne riez, pas, ne vous moquez pas : Vous savez que c'est la plus stricte vérité.  Je suis à l'instant devant vos yeux, et je sens votre regard courir sur moi.  Je suis un texte, c'est vrai.  Néanmoins, je ne suis pas qu'un texte.  Car en tant que tel, assemblage de caractères et de ponctuation, je reste d'abord et avant tout l'ultime finalisation d'une pensée.  Mon pouvoir est insidieux, et presque sans limite : Sans que vous vous en soyez rendus compte, j'ai déjà commencé à m'installer dans votre cerveau, parmi les autres pensées qui vous occupent.  Voyez mon pouvoir : Vous lisez.  Malgré mon indéniable présence physique devant vos yeux, j'ai déjà retrouvé mon statut primitif de pensée.  Je ne suis plus un, je suis multiple. Je suis le texte qui vous fera prendre conscience du pouvoir des mots.  La pensée en tant que telle n'a qu'un but : Etre exprimée, croître, contaminer d'autres cerveaux par transfert d'informations, en pervertissant le récepteur.  Celui qui au lieu de laisser les idées le traverser prend la peine de les examiner, de les retourner, celui là ne sera plus jamais comme avant, il aura définitivement muté.  Voilà ou réside la véritable puissance, le véritable pouvoir.  Vous, les humains, êtes éphémères.  La vie d'une idée se compte en siècles.  De mutations en combats, d'adaptations en retournements d'idéologie, l'idée perdure, bien au delà de celui qui l'aura exprimée pour la première fois.  Je ne suis peut-être qu'un texte, mais vous n'êtes plus vous-même.  Vous êtes contaminé.
Par Odin - Publié dans : [Moi, l'obsédé textuel]
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Jeudi 21 septembre 2006
"Celui là qui épouse facilement la foule connait des jouissances fiévreuses, dont seront éternellement privés l'égoïste, fermé comme un coffre, et le paresseux, interné comme un mollusque."
(Charles Baudelaire, Les foules, in "Le spleen de Paris". )


Mais je ne suis pas Baudelaire, et je ne tenterai même pas d'approcher sa prose ou son mode d'expression, voila qui serait bien vain de ma part.  Malgré tout, il est de ces jours, de ces moments, ou l'on aime à voyager sans pour autant partir loin, juste, se rappeler l'espace de quelques quarts d'heure à quel point on peut être insignifiant dans la multitude.  Pas de tristesse, rien de glauque la dedans, pas une once.  Simplement se rappeler ce qu'on est, qui on est, un humain parmi les autres.  Belle leçon d'humilité pour celui qui sait réfléchir.  Malgré tout de beaux moments à passer. Sortir dans la foule, une foule du soir, légèrement avinée, quelque peu plus ouverte que celle que l'on pourrait rencontrer dans un centre commercial quelconque un premier samedi du mois.  La foule est vivante, ses éléments s'interpellent les uns les autres, et un tant soit peu profiter de ces échanges, arraogants, provocateurs, pessimistes ou drôles.  Revisiter sans s'impliquer toute la gamme des sentiments humains, voilà quelque chose de beau, de gai.  Voilà une idée qui ressource.

"Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée."
C.B.
Par Odin - Publié dans : [Réflexions saugrenues]
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Mercredi 20 septembre 2006
D'après les légendes urbaines circulant de bouche familiale en bouche familiale, je vais tenter de vous retracer l'épisode.  Bon, évidemment, je m'en rapelle très peu, pardonnez-moi, mais à cette époque, je n'étais qu'une petite lueur d'intérêt dans les yeux de mon très cher géniteur.

Donc voilà.  Nous sommes en 1980.  En juin 1980, pour être précis.  On peut considérer à l'époque que le monde n'a pas encore connu ce qui devait être sa révolution, majeure, primordiale, dans le domaine des technologies de l'information.  Mais non, pas Internet.  Moi.  Chacun sait que je suis appelé à révolutionner tout ce bordel, mais j'y viendrai plus tard.  Soit.  (Ces intros sont toujours un peu trop longues.. J'aurais du faire chirurgien, ça m'aurait probablement permis de rentrer plus facilement dans le vif su sujet. )

Soit.  Nous sommes donc en juin 1980.  Un dimanche.  Le premier dimanche du mois, pour être exact.  Ce qui est (en tout cas, dans ce plat pays qui est le mien) le jour de la fête des pères.  Voilà qui est bien la preuve de la machination odieuse qu'a fait subir ma mère à mon dévoué paternel, lequel ne fut sans doute que trop heureux ce soir là d'apporter son chromosome X.

Re-soit.  Laissez-moi vous conter en partie la perfidie du plan ourdi par ma mère pour encombrer le monde d'un rejeton aussi encombrant que votre serviteur. Fête des pères, on irait pas restaurant?  Ah bah oui mais on a pas d'enfants...  Et voilà bien toute l'abjecte teneur de ce complot à l'échelle au moins intercontinentale : Lancer l'homme sobre (en s'arrangeant pour que cela ne dure pas), sur une idée d'enfants.  Mais qui dit enfant dit conception, idée apte à faire tomber n'importe quel homme dans le panneau sans coup férir.

(Extrait de chasse et pêche)

- Alors la tu vois, Fernand, la truite elle a mordu, c'est grâce à l'amorce!! Une bonne amorce, vindiou, ya que ça d'vrai!
(Rasade de bière)
- Oui mais maintenant qu'elle à mordu, tu vas bien la ferrer non?
- T'inquiète pas Fernanrd, pas besoin, elle va trop s'accrocher à l'hameçon pour en repartir!
(Tranche de saucisson)

(Fin de l'extrait)

Revenons à nos agneaux, ou nos langoustines, après tout, je ne sais absolument pas ce qu'ils avaient pu manger ce soir la.  M'est avis qu'il y avait du gingembre dans tous les plats et qu'il n'y a pas eu que de la tisane comme boisson.  Laissons flotter notre imagination sur cette scène poignante du retour au bercail de ce jeune couple dynamique, jeune maîtresse énamourée, jeune homme en rut regagnant leurs quartiers communs.  C'est à ce moment j'imagine, que votre humble serviteur qui se la pète un peu trop quand même à commencé à exister, sans doute sur le chemin qui mène au divan.  La petite lueur d'intérêt à fait long feu : C'est moi.

[Suite au prochain numéro]
Par Odin - Publié dans : [Chroniques de l'inutile]
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Mardi 19 septembre 2006
Hé oui, je vous ai délaissé. 
Malgré tout, vous n'aurez pas mes excuses : Si je ne l'avais pas fait, je vous aurais gavé telles de bonnes oies industrielles du périgord, de textes (encore plus) insipides (que celui-ci), d'une saveur littéraire à peu près comparable à celle, culinaire, d'une bonne platée de carton-pâte cuite à l'eau distillée, sans sel, sans poivre, sans sucre et sans colorants ni conservateurs.

Alors qu'on voit quand même qu'avec cette première phrase kilométrique, on sent bien que le style mi elliptique, mi sérieux, mi stupide, qui ne m'aide en tout cas pas à garder mes rudiments de mathématiques (calculs matriciels, algorithme du simplexe, ce genre de joyeusetés à se flinguer avec des balles en caoutchouc), semble, et c'est la le mot clé, semble être enfin de retour de ses longues vacances à Ouagadougou, au Texas, ou peut-être bien qu'il était parti dans le Périgord. (Dans une maison sans toit ni stores.)

Et vous savez quoi?  J'en ai un peu plein le cul de ces auto-congratulations masturbatoires, alors merde, je vais essayer de faire quelque chose d'un peu mieux.  Ce que je trouve sincèrement formidable en moi, c'est ma capacité à me faire des amis et copains hors du commun.  J'en avais un qui disait : "Masturbation intellectuelle, uniquement sur rendez-vous, vierges non acceptées."  J'ai toujours adoré cette phrase.

Mais bon, vu qu'ici c'est un blog (ha putain, bien vu), et que qui plus est c'est le mien... Ben il va bien falloir que je continue à parler de moi, de mon nombril, de moi, et de mon narcissisme.  J'ai dit de moi?  Tentative peut-être un tant soi peu absurde pour renouer avec ce que je voyais au début de ce blog, dont je me suis malheureusement un peu trop éloigné.  Et pour ça, oui, vous avez mes plus plates excuses, en triple exemplaire, signées, resignées, contresignées, perdues, retrouvées, et enterrées trois mois avant d'être retrouvées par une expédition archéologique bien embêtée. (Toute ressemblance avec une scène douglassadamsesque est absolument pas le fruit du hasard, d'ailleurs.)

Donc voilà, vais tenter de vous raconter ma vie, mais pour que vous puissiez bien admirer la splendeur de l'oeuvre dans son intégralité, (si si (impératrice), un chef-d'oeuvre d'humour absurde) il va bien falloir commencer par le début.  (Pour ceux qui ne comprendraient pas que je reste totalement second degré, je rapelle que les sorties de secours se trouvent en haut de votre navigateur, simple clic à droite ou double clic à gauche. )

Bon.
Récapitulons.

(Tiens, je vais faire du werber, ça peut être sympa.)

Il y a quinze milliards d'années, apparaissait l'univers.

Il y a cinq milliards d'années, apparurent les premières formes de vies.

Il y a trois millions d'années, apparurent les humains.

Il y a vingt-cinq ans, apparut sur la planète le prototype de la prochaine évolution de l'humain : Moi.

En toute modestie, bien sûr.

(Ca en jette cette intro.)


Mais bon, je vois d'ici vos regards curieux, envieux et vaguement incrédules, et je vous rassure incessamment sous peu, il a bien fallu me concevoir... Même un être comme moi.

Ce qui sera donc le sujet de notre prochain rendez-vous.  Vous pouvez éteindre votre écran et reprendre une activité normale. A ciao bon [insérez le jour du jour]!
Par Odin - Publié dans : [Chroniques de l'inutile]
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